> Les convictions de l’entrepreneur Gabrielle Dufour sur la solution méthanisation

Gabrielle Dufour, cofondatrice de Wearedatafarm, partage dans le podcast Echanges Climatiques, ses convictions sur la solution de méthanisation avec laquelle elle travaille. La méthanisation, une source d’énergie verte et renouvelable ou source de nuisances pour les riverains ? Cette solution est en plein développement en France et fait partie intégrante de la stratégie nationale bas carbone.

Gabrielle Dufour sur la solution méthanisation

Voici les principales idées sur la solution méthanisation résumées ici >

+ Wearedatafarm,  entreprise innovante offrant une solution pour faire fonctionner des datacenters avec l’énergie renouvelable et bas carbone, le biogaz à partir de déchets agricoles ou d’énergies vertes issues de ces déchets

+ Gabrielle commence dans l’agriculture il y a 5 ans avec en créant l’AMAP, un réseau de consommateurs et de producteurs locaux.

+ La méthanisation reste peu connue du grand public comme énergie renouvelable par rapport aux éoliennes ou au photovoltaïque

+ La méthanisation est la transformation des déchets agricoles, petits déchets organiques d’origine agricole ou de déchetteries ou d’origine industrielle, leur matière organique transformée dans un espace exempt d’oxygène par des bactéries entre 38 et 40 degrés, par une dégradation permettant la production de biogaz et de digestat

+ Le biogaz est constitué en partie de butane à 50 à 70%, le reste étant du CO2

+ Ce biogaz est ensuite transformé soit par cogénération en électricité chaleur, soit injecté dans le réseau de gaz comme consommable pour des usages du quotidien, soit une troisième voie, épuré et utilisé sur place comme carburant des véhicules

+ Le digestat, ce qui n’a pas été dégradé / transformé en gaz, utilisé par les agriculteurs comme fertilisant pour les cultures.

+ La méthanisation produit deux types de CO2 :

+ D’abord celui émis par la combustion brûlant sur place le biogaz, dans un moteur de cogénération ou chez soi pour un usage domestique.

+ Cette émission de CO2 s’inscrit dans un cycle biogénique CO2 donc, un CO2 au préalable stocké dans les plantes et dans la biomasse par la photosynthèse, un cycle équilibré entre le cycle CO2 stocké par les cultures et celui émis par la combustion. Ce CO2 du à la combustion est neutre,  de par les calculs du GIEC

+ D’autres émissions de CO2 aussi dues à tout le process de fabrication du gaz, son moteur de fabrication, ou les émissions induites comme par les transports d’intrants (camion…).

+ Possible d’injecter du biogaz / CO2 dans le réseau GRDF, de le conserver, d’amélioration du processus et diminution de l’empreinte carbone

+ La méthanisation : un usage aujourd’hui plus standard en agriculture que pour des usages industriels.

+ Une valorisation possible du CO2 émis par la synthèse de vieux méthane avec le biogaz, en injectant / valorisant le CO2 pour produire du biométhane

+ Diminution des gaz à effet de serre :  l’injection de biogaz / biométhane permet de remplacer le gaz naturel

+ Dans l’agriculture, un intérêt pour la cogénération par le biogaz dans les territoires, pour la production d’électricité et de chaleur

+ Les cogénérations sont aussi souvent mises en place par manque de réseau de gaz, intégrés dans une politique de développement

+ La méthanisation peut redonner une certaine souveraineté aux régions et à la France, évitant notre dépendance aux importations de gaz naturel.

+ Une production d’énergie locale à partir de biomasse locale qui peut être utilisée localement offre une souveraineté mais aussi une résilience.

+ Le digestat est utilisé par les agriculteurs comme fertilisant comme « amendement » des cultures ou l’apport de matières organiques

+ Le digestat peut se substituer aux engrais de synthèse, surtout en cas de manque d’accès à des fumiers (céréaliers Corse), afin de diminuer  les émissions carbones

+ Utilisation par les agriculteurs éleveurs dotés d’effluents d’élevage pour une transformation en digestat fertilisants, permettant une diminution considérable des émissions dues au stockage de fumier (producteurs laitiers)

+ Des impacts positifs du biométhane sur le climat, diminution des émissions carbone sur l’énergie (brûler du gaz naturel émet davantage), diminution des émissions agricoles en augmentation dans le monde, comme en France (le fumier ou le lisier rejetant un gaz à effet de serre très puissant)

+ A noter que le gaz à effet de serre néfaste, le CH4 butane, provenant en grande partie de la digestion des bovins mais aussi au stockage des effluents d’élevage

+ La méthanisation a bien diminué ces émissions CO2 dues au stockage de ces effluents (processus par anaérobie / à l’abri de l’air), le méthane piégé dans les tissus sains puis transformé notamment en matière d’énergie

+ Les agriculteurs peuvent remplacer ce fumier par le digestat progressivement >

+ Des digestats différents en fonction des intrants : processus d’apprentissage des agriculteurs à dompter leurs tissus, des mesures sur le taux de carbone dans les sols, sur les taux d’azote, de potasse et de nitrates, pour un bon équilibre sur leurs terres.

+ Bien distinguer les cycles courts du carbone et les cycles longs > les cycle courts : les cycles biogéochimiques scientifiques qui s’équilibrent effectivement, et dont bénéficie la méthanisation

+ En agriculture, il y a un certain nombre de d’émissions qui s’équilibrent avec la photosynthèse ; la photosynthèse capte  le CO2 de l’atmosphère pour fabriquer de la matière organique ; fabriquer de la matière organique ensuite dégradée avec un CO2 mis à nouveau dans l’air et récupéré par la photosynthèse relève donc du cycle court.

+ Les cycles longs sont ceux d’origine fossile, comme extraire des pétroles ou des gaz dans le sol depuis des millions d’années, par ces produits finissant dans l’atmosphère n’étant pas récupérés par un cycle

+ Des arguments économiques à faire valoir : la méthanisation dans une ferme est un moyen pour les agriculteurs de valoriser leur biomasse, ou les déchets de la ferme, un complément de revenu qui permet de réinvestir dans la ferme, dans les champs.

+  La méthanisation peut permettre de pérenniser la situation d’une ferme, comme pour les producteurs de viande en difficulté financière

+ Une cercle vertueux : envie aux jeunes de s’installer ou d’équilibrer financièrement la ferme, réinvestir dans l’agro écologie, changer de pratique, agrandir / équiper des bâtiments, un meilleur bien-être animal

+ Un bien-être aussi pour l’agriculteur : des bâtiments très grands, avec des ouvertures sur l’extérieur, des moyens automatisé de récupérer des déchets stables ou les effluents d’élevage, investir dans des robots de traite, un très grand confort à la fois pour les éleveurs et les animaux.

+ Outre les outils agricoles (fertilisants / un amendement pour les cultures), la méthanisation peut aussi venir traiter une bonne partie des déchets, des biodéchets des collectivités, des cantines.

+  La mutualisation peut améliorer nos émissions carbones : sans la méthanisation, des déchets avant à l’air libre ou incinérés avec des émissions importantes de CH4, une très mauvaise valorisation des déchets

+ Les agriculteurs doivent trouver un équilibre entre la matière organique qui rentre et celle qui sort en eaux usées.

+ Que ce soit avec des effluents d’élevage ou le digestat, on retrouve un peu les mêmes problématiques et les mêmes avantages : le digestat ayant perdu son carbone, un besoin valorisation de ce carbone, une compensation par la biomasse supplémentaire produite par l’agriculteur, la question des cultures intermédiaires à vocation énergétique.

+ Les digestats reflètent leurs intrants : ils sont composés d’une majorité d’effluents d’élevage allant de 60% à 85%

+ Avec les cultures intermédiaires, les déchets de céréales ou agroalimentaires, les vieilles farines, huiles ont un pouvoir méthanogène très intéressant, davantage intéressant que celui des effluents d’élevage.

+  L’agriculteur doit trouver un bon équilibre entre ces intrants, entre les effluents d’élevage de sa terre pour avoir un sens, et les déchets de céréales et les végétaux pour être efficace

+ En Allemagne, par exemple, les agriculteurs établissent essentiellement des plantations de maïs ayant un pouvoir méthanogène très important.

+  En France, un décret limite le pourcentage d’intrants maïs ou céréalier (max 15 % en apport de deux cultures dédiées)

+ Des subventions liées à la prime de protection des vaches, par exemple, incite les agriculteurs à méthaniser leurs déchets ou les effluents d’élevage

+ 2 types de méthanisation agricole :  1) individuel : souvent de petite taille, adaptée à la taille de sa ferme, ses possibilités d’incorporation d’intrants. 2) territorial : une association d’agriculteurs 4, 10. mutualisant leurs moyens, leurs intrants.

+ Une méthanisation optimale doit s’adapter à la ferme sur laquelle elle s’adosse, sa taille, son environnement, sa production, son système au sein projet territorial, les nuisances possibles, en intégration avec les acteurs du territoire, des externalités positives économiques et sociales.

+ Concernant les odeurs ou nuisances parfois reprochées aux agriculteurs, le digestat est inodore par rapport aux effluents d’élevage

+ Le stockage d’effluents peut sentir,  des solutions existent déjà dans le traitement des effluents d’élevage classique, d’où une amélioration au niveau de cette nuisance pour les riverains.

+ Au niveau territorial, une amélioration de la biodiversité en ajoutant les cultures intermédiaires à vocation énergétique, une culture entre deux cultures principales. Une amélioration de la biodiversité, couvrant le sol  permettant de limiter l’érosion

+ En France, le cheptel bovin moyen est petit autour de 60 vaches, loin des élevages intensifs, hors une méthanisation demande en moyenne une centaine de vaches dans des exploitations plus grandes.

+ Les agriculteurs se mettent à plusieurs dans des bâtiments pour une gestion viable avec de bonnes conditions de travail ; la méthanisation s’accompagne souvent d’un agrandissement du bâtiment, avec une amélioration du confort, la qualité et le bien-être.

+ Un risque pour les riverains, les fuites de gaz : la méthanisation, une filière jeune, qui progresse vite, sa technologie a évolué très rapidement en 10 ans

+ Les constructeurs ont fait énormément de progrès grâce à l’Allemagne ; tout est monitoré en temps réel, volume, température, le PH, … la filière arrive à une certaine maturité technologique.

+ La formation des agriculteurs a aussi permis une amélioration des compétences, la maitrise de sa technicité, et de sa gestion des risques

+ Nécessité de présenter le projet aux riverains et leur expliquer toutes les externalités positives pour eux aussi en termes de gaz à effet de serre : amélioration leurs pratiques durables, de la pollution de l’air,  traitement des déchets locaux, les avantages de l’énergie verte.

+ Une proximité et une transparence nécessaires avec les riverains tant dans la conception que dans sa gestion courante

+ L’installation moyenne méthanisation  en France est 200 kW, une puissance électrique cogénération de 110 kW, soit un camion par jour, trop peu pour nuire.

+ Une gêne qui existe sur certaines unités de grosses unités territoriales allant jusqu’à 10 camions par jour pour transporter les déchets locaux > nécessité d’une réflexion en amont avec ces territoires sur des travaux de voirie adaptées

+ Autour des 0,3% du gaz consommé en France en biométhane avec un objectif est de 7% d’ici à 2030, un objectif ambitieux

+ Le développement de la méthanisation est certain et souhaitable à la fois pour les agriculteurs, pour l’énergie, le climat ; cependant il existe d’autres type d’industries passant par la gazéification (hydrogène).

+ Ne pas trop pousser les agriculteurs à augmenter leurs capacités trop vite ; il faut développer dans cet esprit d’équilibre, dans sur des projets bien pensés,

+ L’Allemagne à la fois un exemple et le contre-exemple ; le premier producteur de biogaz dans le monde, un savoir-faire techno, des compétences, mais aussi des effets délétères (monocultures maïs dédiés).

+ Le prix de biométhane près de 4 à 5 fois le prix du gaz naturel ; des tarifs subventionnés aujourd’hui, mais pour un gain certain en résilience

Gabrielle Dufour est Cofondatrice et présidente de l’AMAP Duroc et des Légumes à Paris en 2016, circuit court entre un groupe de citoyens engagés et des producteurs locaux ; Co-fondatrice de Datafarm Energy ; Cofondatrice et Secrétaire Générale des Agriculteurs ont du Coeur, pour des actions solidaires et humanistes du monde agricole ; responsable en communication ‘intégrée’ au service d’Agridées, le think tank de l’entreprise agricole

Les Génies de la Planète (@geniesplanete ou www.geniesdelaplanete.com), ou l’écologie par les créateurs de solutions propres, est un blog + podcast résumant les principales idées ou solutions propres de ces génies, scientifiques ou entrepreneurs, œuvrant pour la préservation écologique de notre planète

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